Métier et Philosophie

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Petit résumé pour les plus pressés

Le vin est une somme de nature, d’humanisme et d’imprévu.
Chaque millésime nous amènent à douter, refaire, corriger, préciser.
L’année est notre unité de temps. Vigneron, métier lent de chercheur …

Icon-feuilleA la vigne,

Faire des vins de caractère, qui nous évoquent le goût du sol, de la terre qui a nourri nos raisins. Cultiver nos vignes en conséquence. Sans désherbant et engrais chimiques pour que les racines puisent dans un sol naturel; sans anti-pourriture chimique pour préserver les levures indigènes ; sans insecticides pour préserver la biodiversité; en limitant fortement les rendements pour concentrer nos jus de raisins.

Icon-feuilleA la cave,

Priorité à l’authenticité et au temps: tri de vendanges, levures indigènes, élevage long, sur lie, en cuve ou tonneau.
Ensuite, viennent les années de savoir faire, faites de petits secrets accumulés, de travail à la bonne lune, de raison et d’intuition.

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Petite histoire d’une grande importance …

Icon-feuille Ce que nous pensons …

Des vins de TERRE, de CLIMAT …

L’identité première d’un vin est celle qui remonte à sa plus simple origine : celle de ses RACINES. En considérant que les racines se nourrissent de l’élément terre, organique et minéral, alors vins de TERRE prend du sens et pourrait suffire.

Une racine a cependant besoin de la partie aérienne de la plante. On aimerait alors parler de vins de TERRE et de CLIMAT, pour y ajouter les dimensions d’exposition, de chaleur, de lumière, de ventilation … On notera que la Bourgogne, depuis la nuit des temps, a toujours intimement lié « terre » et  »climat », à tel point qu’elle utilise le terme « climat » pour désigner le caractère d’une parcelle de vigne.

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Et pourquoi pas des vins de TERROIR !

Oui ! mais quel TERROIR ?
TERROIR pour désigner l’ensemble TERRE + CLIMAT , pourquoi pas !
Mais par définition, le « terroir » veut intégrer aussi la dimension de l’HOMME, dans le sens de l’usage, de « faire » la vigne et le vin « comme avant », en vigneron bon père de famille, attentif à la nature, voire aux influences COSMIQUES.

Mais que se passe-t-il depuis quelques décennies ?

Le vigneron a tout oublié de ces bonnes manières.  Le progrès, c’est produire beaucoup et vite. l’HOMME est devenu prédateur. Le productivisme a conduit à des méthodes ne laissant plus aucune parcelle d’expression à la NATURE.

La pioche et la griffe de nos grands-pères sont à la ferraille, la chimie débarrasse de la mauvaise herbe bien plus facilement, et tue la vie des sols.
Quelle importance! Une bonne dose d’engrais, même sur un sol à peine plus vivant qu’un tas de sable, peut toujours produire du raisin. Beaucoup de raisins. Et cela tombe bien, parce que l’évidence la plus courte ressemblant toujours à la meilleure, beaucoup de raisin égale beaucoup d’oseille.

Tout viticulteur sait, aussi, qu’abondance sur la vigne égale pourriture du raisin, dilution des jus, mauvaise maturité, petits arômes, goût insignifiant !
Pas grave! Les anti-pourriture chimiques font bien l’affaire, et une bonne levure d’élevage à la « sauce Sauvignon » relèvera le mort …
Tant pis pour les résidus chimiques, et les arômes arrangés, mono-types, uniformisés …

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Dans le verre, que reste-t-il alors comme différence entre une Roussane d’Australie, de l’Hérault ou de Savoie ?

Eh bien plus RIEN !

Voilà, la belle équation TERROIR = TERRE + CLIMAT + HOMME,  morte, désintégrée par l’outrage du dernier !

 

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Icon-feuille Ce que nous essayons de faire …

Il y a beaucoup de petits secrets et d’expérience dans un bon vin. Mais le plus important semble bien de revenir à « du vécu » et à un peu plus de raison. Il y a de la vigne en Savoie depuis des millénaires.

Nous voulons reconsidérer la vigne comme nos ancêtres l’ont toujours fait, en intelligence ou par défaut, peu importe.
C’est-à-dire comme une plante vivante en équilibre dans un biotope adapté, capable de quasiment s’auto-suffire, en puisant son énergie et ses nutriments dans son environnement naturel.

Nous ne voulons plus utiliser les sols comme un support inerte à tous les engrais, ou la plante (la vigne) comme un réceptacle à produits dopants, désinfectants, stérilisants, avec la vision unique de production et de quantité.

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Depuis plus de 10 ans, nous ne considérons plus le rendement à l’hectare comme un critère premier. Nous avons donc commencé par « raisonner » nos apports en engrais et redéfinir nos règles de taille.

Depuis 4 ans, nous n’utilisons plus de désherbant chimique, ni insecticide et anti pourriture. Nous continuons à réduire nos engrais. Le sol est entretenu par griffage ou fauchage. L’herbe n’est plus supprimée, mais maîtrisée, et participe à la vie du sol. Les éléments nutritifs ,minérals et organiques, naturellement disponibles, sont à nouveau assimilables par la plante.

Les vins deviennent plus concentrés, plus complexes. Les traces de minéralité (en provenance des minéraux) caractérisées par des notes fumées, salines, amères sont très perceptibles et varient en fonction des parcelles.

Nous voilà revenus à un vin de TERRE, de CLIMAT et peut-être à un vrai vin de TERROIR …